Retirer un fusible paraît anodin, mais l’opération se fait à quelques centimètres de pièces sous tension. La méthode tient en quatre gestes : couper le courant au disjoncteur général, vérifier l’absence de tension, ouvrir le porte-fusible, puis extraire la cartouche sans forcer. Le reste de l’article détaille chaque étape, la façon de repérer un fusible grillé et les erreurs à ne jamais commettre.
Les deux vérifications avant d’ouvrir le tableau
Premièrement, le disjoncteur général est bien en position basse. Deuxièmement, un vérificateur d’absence de tension confirme que le circuit n’est plus alimenté. Si l’une des deux n’est pas faite, on n’ouvre pas le porte-fusible.
Avant de retirer un fusible : sécurité et matériel
Un tableau électrique ancien, avec ses fusibles à cartouche ou à vis, ne ressemble pas aux tableaux récents équipés de disjoncteurs divisionnaires. Les pièces métalliques y sont souvent plus accessibles, et les isolants ont parfois vieilli. Travaillez dans un endroit sec, les mains sèches, sans bijou ni montre, avec une bonne lumière.
Le matériel reste modeste. Il vous faut un tournevis isolé, une lampe frontale ou une lampe de poche, des gants isolants et un vérificateur d’absence de tension (VAT). Un multimètre est utile pour contrôler le fusible une fois retiré, mais il ne remplace pas le VAT pour s’assurer que le circuit est hors tension. Prévoyez aussi un fusible de remplacement du même calibre, et prévenez les occupants du logement pour que personne ne remette le courant par réflexe.
Comment retirer un fusible sur un tableau électrique, étape par étape
Repérer le bon fusible et couper le courant
Commencez par identifier le circuit concerné. Les tableaux bien tenus portent des étiquettes (éclairage, prises, cuisine, chauffe-eau), mais sur un tableau ancien elles sont souvent effacées ou fausses. Un fusible grillé se repère parfois à son voyant ou à sa pastille, qui change de couleur ou tombe, et dans les autres cas à une cartouche noircie ou un fil visiblement fondu.
Abaissez ensuite le disjoncteur général pour couper le courant sur toute l’installation. Couper uniquement un petit disjoncteur ne suffit pas quand vous devez toucher à des éléments voisins qui restent alimentés. Contrôlez enfin avec le VAT, que vous aurez préalablement testé sur une source sous tension connue, que les bornes du porte-fusible ne présentent plus de tension.
Extraire la cartouche du porte-fusible
La manipulation dépend du type de porte-fusible. Sur un modèle à cartouche, on fait généralement pivoter un levier ou un tiroir pour l’ouvrir, puis on tire la cartouche vers soi. Si elle résiste, un léger mouvement de va-et-vient suffit, jamais un levier de fortune qui risquerait de casser le support ou de glisser vers les bornes.
Sur un fusible à vis, on dévisse le capuchon dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, puis on le retire avec le fusible. Sur les anciens modèles à tabatière, on enlève le bouchon de porcelaine, souvent muni d’un fil fusible. Gardez le fusible retiré pour en relever le calibre, c’est la seule référence fiable pour le remplacer.
| Type de porte-fusible | Où le trouve-t-on ? | Geste de retrait |
|---|---|---|
| À cartouche | Tableaux anciens à modules ou à platine | Ouvrir le levier ou le tiroir, tirer la cartouche |
| À vis (type Diazed) | Installations anciennes, parfois industrielles | Dévisser le capuchon, retirer le fusible |
| À tabatière | Très vieux tableaux en porcelaine | Retirer le bouchon muni du fil fusible |
Vérifier si le fusible est grillé et le remplacer par le bon calibre

Un fusible grillé se reconnaît souvent à l’œil : verre noirci, fil coupé, voyant déclenché. Quand rien n’est visible, le multimètre tranche. Réglé en continuité, il doit émettre un signal ou afficher une résistance quasi nulle si le fusible est sain, et rester muet s’il est coupé.
Le remplacement exige le même ampérage et le même calibre que l’ancien, à l’identique. Sur un fusible à vis, un repère coloré en tête indique le calibre, sur une cartouche il est gravé sur l’extrémité métallique. Pour l’ordre de grandeur, la norme NF C 15-100 associe un calibre à la section des fils : 10 A pour l’éclairage, 16 ou 20 A pour les prises, 32 A pour une plaque de cuisson. Si le calibre inscrit sur l’ancien fusible est illisible, vérifiez la section des câbles ou demandez conseil avant d’en monter un autre.
Une fois le nouveau fusible en place, refermez le porte-fusible, vérifiez qu’aucun outil ne traîne dans le tableau, puis procédez à la remise sous tension : d’abord le disjoncteur général, ensuite les appareils un à un. Si tout fonctionne, le dépannage est terminé.
Fusible qui saute à répétition : causes et erreurs à éviter
Un fusible qui fond de temps en temps n’a rien d’alarmant. Un fusible qui grille plusieurs fois de suite, en revanche, signale un problème qu’il ne faut pas masquer. Trois causes dominent : une surcharge (trop d’appareils puissants sur le même circuit), un court-circuit (câble abîmé, prise défaillante) ou un appareil défectueux qui consomme trop.
Pour trouver l’origine, débranchez tout ce qui est relié au circuit, remplacez le fusible, puis rebranchez les appareils un à un. Celui qui fait sauter la protection est le coupable. Si le fusible saute même sans rien de branché, le défaut se trouve dans le câblage, et c’est l’affaire d’un professionnel.
Calibre supérieur, fil de cuivre, pince : les trois erreurs qui causent des incendies
Monter un fusible plus gros que l’original, glisser un fil de cuivre à la place ou shunter le porte-fusible supprime la protection du câble. Le fil chauffe sans que rien ne coupe, et l’échauffement peut gagner l’isolant puis le mur. Un fusible fait pour fondre : s’il fond trop souvent, c’est le circuit qu’il faut corriger, pas le fusible.
Fusible ou disjoncteur : faut-il moderniser son tableau ?
Un fusible protège un circuit en fondant, et il faut ensuite le remplacer. Un disjoncteur coupe aussi en cas de surcharge ou de court-circuit, mais il se réarme d’un geste, sans pièce à changer. Il s’accompagne d’un dispositif différentiel qui protège les personnes, ce que le fusible seul ne fait pas.
Si votre tableau ancien affiche encore des fusibles à vis ou à tabatière, la question d’une rénovation se pose. Des fabricants comme Legrand, Hager ou Schneider proposent des tableaux pré-équipés qui répondent à la norme NF C 15-100. Le chantier doit être mené par un électricien, car il implique de reprendre toute la protection de l’installation.
Quand appeler un électricien ?

Faites appel à un professionnel dans plusieurs situations : un fusible qui grille de façon répétée, des traces de brûlure ou d’humidité dans le tableau, une odeur de plastique chaud, des câbles dénudés ou un tableau dont vous ne comprenez pas la structure. Même chose si les fusibles se trouvent avant le compteur ou sont plombés : ils relèvent du gestionnaire du réseau et ne doivent jamais être touchés.
En cas de doute, mieux vaut attendre quelques heures que de manipuler une installation que vous ne maîtrisez pas. Un dépannage coûte bien moins cher qu’un sinistre, et la sécurité ne se négocie pas.





